Interventions comportementales - Approche intégrative et efficace pour la prise en charge de l’anxiété

L’accompagnement de l’anxiété, dans mon cabinet à Reims, repose sur les interventions comportementales combinant TCC (thérapies cognitives comportementales), ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement), hypnose thérapeutique et régulation du système nerveux autonome. Cette approche efficace permet d’agir sur les processus comportementaux, émotionnels et physiologiques impliqués dans l’anxiété.

ANXIÉTÉ - PEUR - STRESS - TCC & HYPNOSE À REIMS

Dorothée Simon

1/3/20266 min read

Pour commencer cet article, je souhaiterais faire un rappel sur ce qu’est l’anxiété, expliquer comment elle apparaît et décrire simplement son fonctionnement.

À la base, l’anxiété est un système de protection. Son rôle est de nous préparer à faire face à un danger possible. Lorsque le cerveau estime qu’il pourrait y avoir un risque, il met le corps en état d’alerte afin d’augmenter les chances de réagir rapidement. Historiquement, ce mécanisme était utile face à des menaces concrètes et immédiates.
L’exemple que je prends souvent en séance est le suivant. Autrefois, croiser un animal potentiellement dangereux pouvait représenter un risque réel, comme le fait de se retrouver face à un troupeau de mammouths. L’être humain ne disposait pas de défenses physiques particulièrement efficaces. Il n’avait ni griffes, ni crocs, ni carapace, et ne pouvait pas compter sur la force brute pour survivre. Le cerveau a donc joué un rôle central dans l’adaptation. Être rapidement en alerte, repérer un mouvement, anticiper un danger possible et sentir le corps se préparer à fuir ou à éviter la situation augmentait les chances de survie. Dans ce contexte, l’anxiété correspondait à une réponse utile, fondée sur la vigilance et l’anticipation plutôt que sur l’attaque.

Le mécanisme est le même aujourd’hui, mais, dans notre société, les menaces ou ce qui pourrait être vu comme des menaces, sont plus diffuses. Un entretien, un rendez-vous médical, un message resté sans réponse ou une interaction professionnelle tendue peuvent suffire à activer l’alarme. Le corps réagit alors par une respiration plus courte, des tensions musculaires, une attention très focalisée, et parfois des sensations dans le ventre, alors même que la situation ne présente pas de danger immédiat. Lorsque ces réactions se répètent, notamment après une période de stress ou un événement marquant, le système d’alerte peut devenir plus sensible. Par exemple, après un échange difficile avec une collègue de travail, le cerveau peut associer cette personne à un risque. Par la suite, une simple pensée liée à cette collègue, un message ou le fait de la croiser peut suffire à déclencher l’anxiété, avec une accélération du cœur, des tensions ou un inconfort abdominal, même si la situation ne présente plus de danger réel.

Le fonctionnement devient alors circulaire. Une pensée inquiète apparaît, l’alerte s’active, les sensations physiques augmentent, puis ces sensations sont interprétées comme le signe qu’un problème est en train d’arriver. Cette interprétation renforce l’anxiété et entretient la réaction du corps.

Interventions comportementales dans mon cabinet à Reims : TCC, ACT, Hypnose thérapeutique et régulation du système nerveux autonome pour la prise en charge de l'anxiété

Lorsque l’anxiété devient persistante, elle ne se maintient pas uniquement par les pensées, ni uniquement par le corps. Elle repose sur plusieurs niveaux qui interagissent entre eux. Il y a ce que vous interprétez, ce que vous faites pour vous protéger, et la manière dont votre système nerveux réagit automatiquement. Les interventions comportementales que je propose dans mon cabinet à Reims, agissent à tous les niveaux, afin de permettre au cerveau de faire de nouveaux apprentissages.

Les thérapies cognitivo-comportementales s’appuient sur une idée centrale. Le cerveau apprend à partir de l’expérience. Lorsqu’une situation est évitée ou fortement contrôlée, l’anxiété baisse sur le moment, mais le cerveau n’a pas l’occasion d’apprendre que la situation est en réalité supportable. Le travail comportemental vise donc à réduire progressivement ces stratégies de protection et à permettre une exposition adaptée. La restructuration cognitive complète ce travail. Elle aide à repérer les interprétations automatiques qui déclenchent l’alarme, comme la tendance à imaginer le pire ou à sous-estimer sa capacité à faire face, puis à les confronter à la réalité et à des alternatives plus nuancées. Ce travail n’est pas théorique. Il est testé dans l’expérience.

L’ACT intervient à un autre niveau. Elle part du constat que chercher à éliminer toute anxiété renforce souvent le problème. L’objectif n’est pas de faire disparaître les pensées ou les sensations, mais de modifier la relation que vous entretenez avec elles. En apprenant à laisser une pensée anxieuse être présente sans la suivre ni la combattre, et en continuant à agir dans des directions importantes pour vous, le cerveau apprend que l’anxiété n’est pas en elle-même un danger. Cette approche est particulièrement utile lorsque l’anxiété est alimentée par la peur de ressentir de l’anxiété.

L’hypnose thérapeutique peut être utilisée pour travailler sur les réponses automatiques et la régulation de l’attention. Elle permet parfois de réduire la réactivité immédiate, de modifier la manière dont certaines situations sont anticipées, ou de faciliter l’accès à des états corporels plus stables. Utilisée de manière clinique, elle ne remplace pas les autres approches, mais peut rendre le travail comportemental et émotionnel plus accessible, notamment lorsque l’anxiété est très intense.

La régulation du système nerveux autonome intervient sur le plan physiologique. Lorsque le niveau d’activation est très élevé, il devient difficile de réfléchir, de nuancer ou de rester dans une situation anxiogène. Des outils simples, comme le travail respiratoire ou l’ancrage corporel, permettent de diminuer cette activation. Leur rôle n’est pas de supprimer l’anxiété, mais de réduire son intensité afin de permettre les autres apprentissages.

Exemple concret : L'inquiétude pour votre santé

Une sensation apparaît, par exemple une gêne dans le ventre ou une douleur inhabituelle. Rapidement, une pensée surgit : « Et si c’était grave ? ». L’attention se fixe sur le corps, les sensations deviennent plus présentes, le cœur bat plus vite, la tension augmente. Pour se rassurer, on vérifie, on évite certains efforts, on cherche des informations. Sur le moment, l’inquiétude baisse un peu, mais elle revient ensuite.

Dans ce contexte, les interventions comportementales que je pratique dans mon cabinet à Reims, agissent chacune sur un point précis du problème, et surtout sur la façon dont le cerveau apprend à réagir.

En thérapie cognitivo-comportementale, le travail commence par la restructuration cognitive. Il s’agit d’apprendre à repérer ce type de pensée automatique et à la remettre en contexte. Une sensation devient une information parmi d’autres, et non une preuve. La personne apprend à se poser des questions simples et concrètes. Qu’est-ce que j’observe réellement ? Qu’est-ce que j’interprète ? Quelles autres explications sont possibles ? Que s’est-il passé les autres fois ? Cette étape ne vise pas à se rassurer à tout prix, mais à sortir de la conclusion immédiate « danger ».
Ce travail cognitif est ensuite relié au comportement. Les vérifications excessives et l’évitement sont progressivement réduits. En continuant à vivre normalement malgré la sensation, le cerveau fait une nouvelle expérience. La sensation apparaît, la pensée inquiète est là, mais rien de grave ne se produit. Répétée dans le temps, cette expérience modifie les circuits cérébraux. Les connexions qui associaient automatiquement sensation et danger s’affaiblissent, tandis que d’autres, plus nuancées, se renforcent.

L’approche ACT intervient lorsque la tentation est de vouloir faire disparaître totalement ces pensées. Plutôt que lutter contre « Et si c’était grave ? », la pensée est reconnue comme une pensée anxieuse, sans chercher à la supprimer ni à la discuter. L’action continue malgré l’inconfort. Cette répétition apprend au cerveau que la présence d’une pensée inquiète ne nécessite pas de réaction urgente.

L’hypnose thérapeutique peut faciliter ce processus en agissant sur la réactivité automatique. Elle aide à modifier la manière dont les sensations et les images anxieuses sont vécues intérieurement. Les sensations deviennent plus neutres, moins envahissantes. Cela rend plus facile le fait de ne pas replonger dans les anciennes interprétations et de rester dans l’expérience sans contrôle excessif.

La régulation du système nerveux autonome intervient lorsque l’activation corporelle est trop intense. En abaissant légèrement cette activation, par exemple par le ralentissement de la respiration ou le relâchement des tensions, le cerveau peut enregistrer l’expérience sans être saturé par l’alarme. Cela favorise l’apprentissage.

Dans cet exemple, le changement ne vient pas d’une suppression volontaire de l’anxiété, mais d’un double apprentissage.
Les pensées sont interprétées différemment grâce à la restructuration cognitive, et les expériences répétées modifient progressivement les connexions neuronales. C’est ce mécanisme de plasticité synaptique qui explique pourquoi l’anxiété peut diminuer durablement. Le cerveau apprend que les sensations et les pensées peuvent être présentes sans signaler un danger réel, et sans avoir besoin de diriger les comportements.

NOTA BENE : La plasticité synaptique correspond à la capacité du cerveau à se modifier en fonction de ce que nous vivons et répétons. Certaines connexions se renforcent, d’autres s’affaiblissent. C’est ce mécanisme qui permet l’apprentissage, le changement de comportements, mais aussi l’installation de réponses automatiques parfois problématiques.
J’écrirai prochainement un article sur ce sujet, ainsi que sur l’intérêt des interventions comportementales qui s’appuient directement sur ces mécanismes, et sur le rôle central du sommeil dans la plasticité synaptique. J’ai été formé aux thérapies cognitives et comportementales de l’insomnie par Christoff Nissen et son équipe (Hôpiatux Universitaires de Genève), dont une partie des travaux portent notamment sur les liens entre sommeil et plasticité synaptique.